Pour la troisième fois nous changeons de continent, de Los Angeles aux États-Unis à Bangkok en Thaïlande.

Prendre deux billets d’avion pour nous c’est assez facile. Pour envoyer la moto par avion c’est un peu plus compliqué par contre. Il faut demander des dizaines de devis à droite ou à gauche, se renseigner sur les conditions d’envoi de la moto selon le pays où l’on se trouve (batterie débranchée ou pas, réservoirs vides ou pas, etc), faire une caisse dans laquelle mettre la moto, l’amener à l’aéroport, faire toutes les formalités, la récupérer à l’arrivée, la sortir de la douane, trouver une assurance locale, etc.

1. Le choix de la compagnie cargo

On a reçu beaucoup de devis pour envoyer la moto, de $1100 à $2800. La compagnie la moins chère est DHX. C’est Marcia Gatz qui s’occupe de nous. Elle répond toujours à nos questions le jour même et elle fait tout pour que l’envoi de la moto se passe sans encombre. Vous pouvez la joindre de notre part à cette adresse: marcia.gatz@dhx.com. On envoie tous nos documents (carte grise de la moto, passeport) à Marcia par email et elle pépare tout avant notre arrivée à Los Angeles.

2. Mettre la moto en caisse

On voulait faire la caisse dans laquelle mettre la moto nous même comme on avait fait pour aller d’Afrique du Sud en Argentine mais c’est difficile aux États-Unis. Le gouvernement américain exige que la caisse soit construite avec un bois traité contre les parasites, qu’elle soit certifiée par une compagnie spécialisée dans le transport, etc.
Au final, acheter le bois traité, payer pour obtenir les certificats, transporter soi-même la caisse jusqu’à la compagnie cargo DHX, ça coûte cher et ça prend du temps. C’est plus simple et à peine plus cher de faire faire la caisse par l’une de ces compagnies spécialisées.
Marcia de DHX nous recommande d’aller chez 3A Packing qui a l’habitude des motos et qui propose les meilleurs tarifs. 3A Packing nous demande $325 pour faire la caisse, tous les certificats et l’amener chez DHX. Leurs concurrents nous demandent $800!

On va donc chez 3A Packing tôt un vendredi matin. On sait que la journée va être longue.

Aurel: Je commence par démonter la moto pour la compacter le plus possible.

Les employés de 3A Packing prennent ensuite les mesures de la moto pour construire la caisse la plus petite possible.

Ils fabriquent la partie inférieure de la caisse que l’on glisse sous la moto.

Après avoir solidement attaché la moto au plancher de la caisse ils fabriquent ensuite les côtés et le dessus.

Ils font même une petite fenêtre sur le côté pour que les douanes puissent voir le numéro de châssis de la moto sans ouvrir la caisse.

Enfin la caisse reçoit le tampon magique qui certifie que le bois utilisé est du bois traité, approuvé par les douanes et les compagnies aériennes. Nous n’avons pas à déconnecter la batterie et nous pouvons laisser 6L d’essence dans les réservoirs. 3A Packing se charge aussi de remplir le Dangerous Goods Certificate, document obligatoire pour transporter un véhicule qui fonctionne à l’essence et qui est donc considéré comme chargement dangereux.

Une fois la caisse fermée, tamponnée et sanglée, il faut la mesurer et la peser.

Les dimensions sont 203 x 73 x 119 cm. Cela donne un poids volumétrique de 293kg (203 x 73 x 119, le tout divisé par 3600). Malheureusement le poids réel de la caisse est de 346kg. Nous avons laissé trop d’affaire dans les valises (environ 30kg)! Les compagnies de transport facturent au plus gros, en l’occurrence pour nous le poids réel et non le poids volumétrique, on sera facturés sur la base de 346kg.

3A Packing transporte ensuite la caisse dans les entrepôts de DHX. Là il suffit de 5 min avec Marcia pour faire les papiers, elle nous remet le AirWayBill, le papier qui nous permettra de récupérer la moto à Bangkok. Tout est réglé, la moto va s’envoler vers Bangkok dans quelques jours! Enfin presque, il faut que je laisse la carte grise à Marcia pour qu’elle fasse les formalités douanières. Mais grâce à la petite fenêtre dans la caisse elle peut la glisser à l’intérieur avant que la moto s’envole.

3. Récupérer la moto à Bangkok

Nous arrivons quelques jours avant la moto à Bangkok. On décide de dormir juste à côté de l’aéroport, ce sera plus facile pour récupérer la moto et surtout c’est un quartier qui n’est pas affecté par les inondations. Pour un prix moins cher qu’un camping aux États-Unis voilà ce que l’on peut avoir en Thaïlande. Mais on est quand même impatients que la moto arrive et qu’on se lance sur les routes asiatiques ;)

Une semaine après avoir laissé la moto à Marcia elle arrive à Bangkok. C’est l’heure d’aller à l’aéroport la récupérer, un samedi.

Aurel: Je laisse Marion au bord de la piscine et je me lance à l’assaut de l’administration thaïlandaise. Pendant que je vais récupérer la moto Marion va parcourir les guides de voyages pour préparer notre itinéraire des prochains mois.

Par chance, dans le bus qui m’emmène à l’aéroport je rencontre Heen, un employé de Thai Cargo qui décide (malgré que ce soit son jour de repos) de m’accompagner à l’aéroport pour me guider et me servir de traducteur, génial! Les formalités commencent dans les bureaux de Thai Cargo. En échange du AirWayBill, le document que m’a donné Marcia, ils me remettent tous les papiers qui me permettront de sortir la caisse des douanes.

Avant de me rendre aux douanes, il faut que je récupère la carte grise de la moto que Marcia a glissé dans la caisse. En théorie je n’ai pas le droit d’accéder à la caisse pour le moment mais Heen arrange les choses, une fois de plus!

Lorsque je me rends au bureau des douanes, moins de chance, ils sont fermés le week-end. Je retourne à l’hôtel…

Le lundi j’y retourne et les formalités sont très rapides. Cette fois-ci je suis accompagné de Jim, un américain qui lui aussi vient d’envoyer sa KTM par avion. Elle n’arrivera que dans 5 jours mais il vient repérer les lieux et me donner un coup de mains. Au bureau des douanes j’obtiens le certificat d’importation temporaire de la moto qui va nous permettre de rouler dans le pays et qu’il faudra montrer si on est arrêté par la police ou si l’on veut sortir du pays.

Il ne me reste plus qu’à retourner à la compagnie cargo et payer les frais de gardiennage du week-end… plus les frais de gestion, les frais de dossiers et tout un tas d’autres frais… $60 en tout, ça aurait pu être pire.

Au final le coût total de l’envoi de la moto est de $1485. Il faut dire Los Angeles – Bangkok ça fait un bout de chemin!

J’ai maintenant une quarantaine de formulaires divers en ma possession, les joies de l’administration. Je peux enfin sortir la caisse de l’entrepôt de Thai Cargo! Il ne reste plus qu’à la remonter… Jim me file un coup de mains ainsi que des employés de Thai Cargo qui sont très intrigués par cette grosse moto. Pendant 1 heure on devient l’attraction principale de l’aéroport et des dizaines de Thaïlandais nous regardent faire.

Grâce à Heen qui m’avait aidé samedi et qui est revenu me voir aujourd’hui pendant que je remontais la moto, je trouve même une solution pour stocker la caisse à l’aéroport. Dans 3 mois quand nous reviendrons à Bangkok je n’aurai qu’à récupérer la caisse pour envoyer la moto en Inde.

Après avoir sué à grosses gouttes vu la température actuelle, la moto démarre au quart de tour et avec Jim on rentre tous les deux à l’hôtel pour retrouver Marion. Dans ma tête je ne cesse de me répéter ICI ON ROULE A GAUCHE! ICI ON ROULE A GAUCHE! ICI ON ROULE A GAUCHE! :)

Merci Marcia, merci 3A Packing, merci Heen, merci Jim!

Il ne me reste plus qu’à envoyer quelques emails à la compagnie AIG pour assurer la moto en Thaïlande (14 euros à l’année) et demain nous pourrons prendre la route en direction du Cambodge.

Sur un autre sujet, grâce à tous vos votes nous sommes en tête des Golden Blog Awards pour la catégorie voyage. Maintenant nous attendons le vote du jury, résultats le 16 novembre, croisons les doigts!

A suivre…